« musicothérapie comme : donner du son et prendre soin »

 

 

Même si  l’« ouverture » de la séance est répétée chaque semaine, il n’en est pas ainsi pour le contenu des différentes interventions. Le musicothérapeute s’adapte à une situation, à un public, à des demandes immédiates. IL est à l’écoute de chaque instant et s’il a le sens artistique, il mettra en place la créativité dans l’improvisation musicale rentrant ainsi en résonance avec les patients.

 

La place de l’art en chacun de nous :


A l’hôpital des Magnolias les séances de groupe nous révèlent de véritables artistes.

Mme A. au cœur rebondi de bonheur: « chanter, ça touche l’âme ». M. B. la voix tremblante d’émotions : « j’ai fait du piano étant jeune, mais c’est maintenant que je voudrai retrouver mon professeur de musique ». Mme C. les yeux lumineux : «  c’est  maman qui chantait ça, je la garderai toujours près de moi». Mme D. lors de notre séance de composition,  propose le titre de notre chanson de groupe: « chanter, danser… on ne peut pas oublier !! »

 

Mise en place de la séance :

Pour permettre à chacun de saisir l’importance de la séance, et en même temps valoriser le malade,

je prends le temps d’expliquer le travail qui va s’effectuer pendant ce moment de musique, l’effet du chant sur chacun de  nous et encourager vivement chaque personne dans son effort.

Un espace pour se retrouver se reconnaître et se solidariser dans le groupe.

 

Ma place d’art thérapeute : le thérapeute est à l’écoute, l’artiste est dans l’accompagnement créatif.

Les séances proposées basées sur la musicothérapie active, permettent d’aller chercher au fond d’eux-mêmes leur ressenti pour en transmettre l’expression la plus juste : « Parlez-moi d’amour … »

Les visages sont éclairés, les regards expressifs, les bouches s’ouvrent largement pour laisser sortir leur histoire, leur époque, leurs chansons.

Petit à petit, murmures et voix se mêlent dans une chorale vibrante, soutenue par la guitare.

C’est aussi pour les soignants l’occasion de découvrir leurs malades et de se laisser porter par cette volonté d’expression inattendue qui donne un sens à leur propre créativité.

La voix chantée touche directement l’affectivité. Elle permet l’extériorisation naturelle et spontanée des sentiments conscients et inconscients.  Le travail de la voix permet au Malade Alzheimer de se retrouver dans son identité.

 

Devant le succès des activités chant consacrées aux personnes âgées vivant en institution, il m’a semblé important d’y consacrer une méthode, grâce au documentaire « La mémoire retrouvée » et dans la réalisation d’un ouvrage écrit et sonore avec la méthode « écHO-Muse ».

 

 

LA METHODE : basée sur le relationnel

Un climat de confiance : On chante avec les yeux, on ne se quitte pas du regard.

Dès leur rentrée dans le « salon de musique », les personnes sont invitées à se présenter : se regarder, face à face, se saluer, se sourire, se présenter, s’identifier, se nommer, se situer dans un groupe.

Ces moments privilégiés me permettent de cultiver la proximité, de créer un lien étroit avec chaque personne, en la touchant, lui parlant à l’oreille .

La redécouverte du corps : Nous sommes « instrument de musique » ; comme le tambour,  nous avons une caisse de résonance, comme la guitare,  faisons vibrer nos cordes, comme l’accordéon,  nous allons chercher l’air pour produire du son et   nous marquons le rythme de frappes de pieds et mains… Chaque séance est introduite par une petite description du travail qui va suivre.

Le travail vocal me semble très bien accueillit et plutôt désigné pour l’activité. On découvre des sensations, suivant le son, la puissance, la longueur du souffle…

Chaque voyelle fait vibrer un endroit particulier de la tête ou de la poitrine qui agit comme une caisse de résonance spécifique à chacun.

L’imaginaire de l’enfance : On y retrouve aussi la comptine outil psychologique et physiologique à la fois, elle répond à un rythme intérieur vital, le rythme cardiaque, et réveille les émotions d’enfance les plus enfouies dans la mémoire.

La mémoire retrouvée : On observe un apprentissage, une mémorisation des séquences et des techniques proposées et du geste qui l’accompagne. Au fil des séances on assiste à une évolution réelle de l’attention et de la participation et même à une forme d’anticipation.

 


"Donner du son et prendre soin" : HPGM  

public des malades de l'unité Alzheimer 2000

et services de long séjour (groupe et individuel) Suite Soins de Jour octobre 2008

hôpital de jour février 2008

 

Je constate que la musique et la chanson ont toujours leur place, quel que soit le public, à des

stades différents de l’avancée de la maladie et à des âges différents.

Ces variations de public impliquent une écoute

et une attention particulière du thérapeute.

 

EXEMPLE : Réalisation avec le groupe de malades Alzheimer du Soin de Suite de Jour Apprentissage de nouveaux chants. 

Composition de chansons (paroles et musique)

Mémorisation du chant

Représentation publique


 

 

 

Pilar Garcia : Artiste chanteuse compositeur et Musicothérapeute

Auxiliaire de puériculture 1980 à1986 auprès d’enfants polyhandicapés

Musicothérapeute depuis1986 : surdité, polyhandicap, de l’enfant à l’adulte…

Depuis mai 2000 Les malades Alzheimer (maisons de retraite, Hôpital gériatrique 77_91)

Obtient le DIU « Ethique et soin des  malades Alzheimer et leur famille » à Paris V 2005

Publications et documentaire 52’« La mémoire retrouvée » 2004 JM.Kuess

Fondatrice de l’association INTERVALLES en juillet 1993

Formatrice : Centre International de Musicothérapie et associations spécialisées médico-sociales.

Concerts en groupe dans un répertoire personnel et spectacles chantés en établissements spécialisés.

intervalles.pilargarcia@neuf.fr TEL/06 30 81 45 98